Lors d’un arrêt à Salt Lake City, je me retrouve, plus ou moins par hasard, à un concert de James McMurtry. J’y fais la rencontre d’une ancienne prostituée, d’un véritable cow-boy (chapeau et tout) et d’un mormon excommunié pour cause d’alcool. Trois personnages qui semblent tout droit sortis des chansons de l’artiste à l’affiche ce soir-là. Son fond de commerce est la rugosité texane, traitée sans glorification ni moquerie. Peut-être le plus fin parolier anglo-saxon en activité – à l’exception de Craig Finn et Jason Isbell – il emploie la langue vernaculaire professionnelle pour nous plonger dans le quotidien des chasseurs, pêcheurs, paysans et comptables rêvant de retraite qui peuplent ses chansons. À travers celles-ci, vous découvrirez les difficultés de la pêche au filet ou les méfaits du blizzard sur les bœufs. Si les chansons de McMurtry ne sont pas intrinsèquement populistes, elles dépeignent des personnages qui, par conviction ou par détresse, sont sujets à ce genre de rhétorique. Après la victoire de Trump en 2016 on nous a vraiment fait chier avec cette injonction à comprendre les ressentiments de son électorat. McMurtry nous permet de faire un pas dans cette direction, sans angélisme, ni excuse.
Pour les fans de:
– La célibataire de 55 ans à la voix rauque, qui chasse les relous du bar.
– Disparaître quelque part sur la côte du Panhandle.
– Prononcer “Palacios”, “Palaches”.
Must-listen:
– Copper Canteen
– Long-Island Sound
– Carlisle’s Haul
– Cutter
Top #20 de la journée |
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